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Domina et fragile, antinomie ou compatible ?

Dans toutes les postures, dans chaque contexte, que ce soit professionnel ou privé, nous avons tous une face au grand jour et une autre cachée, intime. L’habit ne fait pas le moine et pourtant nous sommes pleins d’idées reçues sur ce que doit être telle ou telle personne en fonction de son rôle ou de sa profession. Et il en va de même dans le microcosme de la domination.

Quel est l’archétype de la Dominatrice ? Attention archétype, pas généralité ni règle d’or. La Dominatrice est parfois gynarchique, la Dominatrice est froide, indépendante, hautaine, sûre d’elle et mène une vie de rêve. La “vraie” Dominatrice doit être “à la vie comme à l’écran” et ne jamais déposer son masque. C’est ce qu’on peut lire parfois, c’est la pression exercée par les soumis bien pensants, les naïfs et les souminateurs.

Mais qu’en est-il en réalité ? “Vraie” Dominatrice est-il forcément synonyme de “ne pas jouer un rôle” ? Nous jouons tous un rôle. Chaque jour, en société, nous tenons notre place, notre rôle et nous finissons tous la journée en tombant le masque, en lâchant prise et en libérant notre face intime. Le banquier, le médecin, l’actrice, le manutentionnaire, personne n’est “à la vie ce qu’il est à l’écran”. Soyons sincères !

Les réseaux sociaux mettent en avant les strass, les paillettes et ont pour seule vocation de faire baver les followers, faire miroiter une vie de rêve, faire envie, et se donner l’impression que notre vie est meilleure que celle de nos congénères. Mais nous sommes finalement tous des animaux sociaux qui nous faisons une place, respectons les règles et idéaux d’autrui pour se faire bien voir.

Pour Moi, une “vraie” Dominatrice doit être à l’écoute, bien renseignée, respecter les limites, prendre du plaisir et quoiqu’on en dise, savoir en donner tout en gardant le contrôle de la situation. Rien d’exhaustif, juste une parenthèse. Mais une Dominatrice est (au-delà d’une femme) un être humain. Et Je conçois la relation D/s comme une relation à part entière, non un coup d’un soir. C’est pourquoi un véritable soumis doit être capable d’autant de compréhension, de compassion et de patience avec sa Domina, qu’elle l’est avec ses soumis.

Les femmes en général, et les Dominatrices par définition, ne sont pas aux services des hommes. Un soumis qui change de Domina comme de chemise lorsque celle-ci rencontre des difficultés personnelles, qu’elle est moins disposée ou moins disponible, tout ça parce qu’il ne peut attendre pour satisfaire ses pulsions, ne vaut pas mieux qu’un mari qui quitte sa femme parce qu’elle ne peut temporairement pas lui donner satisfaction sur le plan physique et/ou affectif. Ces relations interchangeables, factices, jetables, nuisent au milieu en général et aux Dominatrices impliquées en particulier.

Les “vraies” Dominatrices qui ne considèrent pas leurs soumis comme des Kleenex sont malheureusement elles victimes de ce nouveau standard relationnel. La prise de conscience collective est une utopie. En revanche, si cet article peut créer un peu de compréhension et amoindrir le sentiment de solitude de certaines consoeurs, alors ces quelques lignes auront servi à quelque chose. Et sinon, elles alimenteront les abysses du net emplis de discours anonymes sans causer de tort à personne. Ça ne coûte donc rien. A bon entendeur.